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Le 6 octobre 2014, par MLC Diet

Bisphénol – Un lien établi entre le bisphénol A et l’allergie et l’intolérance alimentaire

Oui bon d’accord mais déjà c’est quoi ce bisphénol machin chose ?

Pour faire simple, c’est en fait une molécule chimique fabriquée artificiellement. Le problème c’est que c’est un perturbateur endocrinien car il est capable de se lier au récepteur α des œstrogènes. Cependant, son action serait environ 1 000 fois inférieure à celle de l’œstradiol. Malheureusement, il est très présent dans notre environnement (environ trois millions de tonnes de bisphénol A sont produites chaque année dans le monde) et dans le corps humain. On le retrouve dans de nombreux emballages alimentaires (revêtement intérieur des boîtes de conserve, bouteilles en plastiques recyclables,…) et sur certains tickets de caisse,…

Et, l’allergie et l’intolérance alimentaire ?

C’est tout simplement une réaction anormale de l’organisme à une molécule.

L’intolérance alimentaire est le résultat d’un dysfonctionnement du métabolisme et non pas celui d’un emballement du système immunitaire comme dans le cas des allergies alimentaires. Par exemple, les personnes intolérantes au lactose sont en fait carencées en lactase, enzyme qui dégrade le sucre du lait.

L’allergie alimentaire implique donc le système immunitaire. Une substance allergénique (protéine d’un aliment) provoque une réaction incontrôlable du système immunitaire aboutissant à la libération d’anticorps.  Ces anticorps entraînent ensuite la libération d’autres molécules (par exemple l’histamine) qui donnent des symptômes comme le nez qui coule, la toux, les éternuements ou encore des démangeaisons. Les allergies alimentaires présentent souvent un terrain héréditaire et se déclarent souvent lorsqu’on est jeune.

Bon ! Et alors, ce lien ?

J’y arrive, j’y arrive 😉 !

L’unité de toxicologie alimentaire (TOXALIM) de l’Inra de Toulouse a montré qu’une exposition pendant la grossesse à des faibles doses de bisphénol A (BPA) – doses considérées sans risque pour l’Homme – pourrait augmenter le risque de développer une intolérance ou une allergie alimentaire à l’âge adulte. Déjà, en 2010, ils avaient démontré que le bisphénol A pouvait pénétrer dans l’organisme par la peau. Puis, en 2013, ils ont prouvé que cela était aussi possible directement sous la langue (sublinguale). Enfin, ces chercheurs ont étudié les effets de l’exposition au bisphénol A, chez le rat, pendant la gestation ainsi que les conséquences sur le développement du système immunitaire.

Je vous passe les détails de l’expérience, hein 😉 …un premier groupe de rates a reçu le bisphénol A, le deuxième non… Pour en savoir plus, c’est par ici [1] !

A l’âge adulte (45 jours), les petits de ces rates ont été nourris avec de l’ovalbumine – une protéine du blanc de l’œuf, connue pour être allergénique si non cuite – protéine qu’ils n’avaient jamais consommé auparavant.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, une réaction immunitaire dirigée contre l’ovalbumine a été observée chez les rats qui avaient été exposés au bisphénol A au cours de leur développement (depuis la gestation jusqu’au sevrage à 21 jours). Les chercheurs sont même allés plus loin, ils ont montré que la consommation répétée d’ovalbumine chez les rats exposés par le biais de leur mère au bisphénol A, a induit une inflammation du côlon de ces animaux, indiquant une intolérance alimentaire.

Autres effets du bisphénol A [2] :

Le bisphénol A est mis en cause dans les troubles de la reproduction, les cancers, la fonction thyroïdienne et les maladies cardiovasculaires.

Chez l’enfant, le bisphénol A peut être entre autre à l’origine de difficultés respiratoires mais il est également suspecté de favoriser l’obésité chez l’enfant [3] ou encore d’altérer l’émail des dents.

Pire encore, les effets du bisphénol A pourraient se transmettre de génération en génération en altérant l’information génétique.

Mais, rassurez-vous, les pouvoirs publics français ont pris la décision d’interdire l’utilisation du bisphénol A dans tous les emballages alimentaires à partir du 1er juillet 2015 (enfin !). Depuis le 1er janvier 2013, c’est déjà le cas pour les contenants alimentaires de denrées destinées aux enfants de moins de 3 ans [4]. Reste à savoir par quelle autre substance (toxique ?) le bisphénol A va être remplacé…

Références :

[1] http://www.fasebj.org/content/early/2014/08/01/fj.14-255380.abstract

[2] ‚http://www.asef-asso.fr/mon-alimentation/nos-syntheses/1855-les-dessous-du-bisphenol-a-la-synthese-de-l-asef-4

[ƒ3] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22990270

[4] http://alimentation.gouv.fr/bisphenol-a

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